Coiffeuse depuis ses huit ans
Quand tu pousses la porte, quand tu ressors, tu ressors autrement. C'est ma devise.
Rose-Marie Griffith-Faune
Elle le dit sans hausser le ton, et elle ne transige pas dessus. Une femme qui entre chez elle en ressort mise en valeur, ou elle ne sort pas.
« Je refuse de te laisser sortir comme tu es rentrée. »
Huit ans, et personne dans la famille pour lui montrer
Pas une coiffeuse chez elle. Aucun modèle, aucun atelier où traîner après l'école. Élevée par sa grand-mère, Rose-Marie coiffe ce qu'elle a sous la main : ses poupées, puis ses propres cheveux.
J'ai toujours aimé les poupées. Quand on me donnait un cadeau, c'était une poupée que je voulais, je ne voulais pas autre chose.
À huit ans, l'affaire est entendue. Elle le répète à qui veut l'entendre et ne changera plus d'avis.
C'est une vocation que j'ai eue. Je ne pouvais pas faire autre chose.
En 1984, elle passe son diplôme de coiffeuse. Le métier devient officiel ; la décision, elle, était prise depuis l'enfance.
Trente élèves, une seule réponse
CM1, puis CM2. La maîtresse fait le tour de la classe et demande à chacun ce qu'il veut faire plus tard. Rose-Marie a dix ans et répond coiffeuse. Les années passent, le collège, les études, le diplôme, le salon.
Un jour, en centre-ville, elle recroise son ancienne maîtresse. Qu'est-ce que tu deviens ? J'ai mon salon. Montre-moi. Elle l'y emmène, la maîtresse fait le tour et tranche : à partir de maintenant, tu seras ma coiffeuse.
Elle est restée cliente des années, avec toute sa famille, jusqu'à ce qu'un problème aux yeux l'empêche de conduire. Sa meilleure amie de l'époque, elle, vient toujours au salon.
Elle disait à qui voulait l'entendre : dans ma classe de trente élèves, c'est la seule qui m'avait dit coiffeuse, et la seule qui en a fait son métier.
Un bac en bois, une gouttière, et une idée fixe
Elle ouvre son salon en 1992, à Basse-Terre. Le bac, c'est son mari qui le fabrique, en bois. Le fauteuil aussi. Derrière, une gouttière posée à la main pour que l'eau s'écoule jusqu'à la salle d'eau. Un séchoir casque, de ceux qu'on ne voit plus.
C'est comme ça que j'ai ouvert mon entreprise. Après, je me suis perfectionnée, j'ai acheté tout le matériel.
Rien de superflu, et une seule obsession : ne pas en rester là. Chaque année, du matériel en plus. Chaque année, une technique de mieux.
L'année où le salon prend son nom
Au début, l'enseigne dit simplement Rose-Marie Coiffure. En 2005, elle structure son entreprise, la passe en SARL pour protéger ce qu'elle a bâti, et change d'enseigne dans la foulée. Il lui faut un nom qui dise ce qu'elle fait vraiment.
Coiff'Tendances, c'est bien : je coiffe toutes les tendances.
Le nom est déposé la même année. Il n'a plus bougé depuis.
Pourquoi le bleu
Le bleu n'est pas un choix de graphiste. C'est son prénom. Rose, c'est la Vierge. Marie, c'est encore la Vierge. Le bleu et le blanc lui appartiennent depuis toujours.
Mon nom représente le bleu. Dans l'étymologie de mon nom, il y a du bleu. Et moi, j'ai toujours aimé le bleu.
Il n'y a pas de ciel sans nuit
C'est sa phrase, celle qu'elle sort séance après séance depuis quarante ans. Traduction : on ne récolte pas un beau cheveu sans l'avoir soigné.
Ne viens pas me dire que tes cheveux cassent, que tes cheveux tombent. Si tu fais des soins, tu vas voir la progression. Si tu n'en fais pas, ce n'est pas la peine.
Chez elle, on ne saute pas d'étape. Avant un lissage, une pommade protectrice contre la chaleur : le cheveu passe avant le résultat immédiat.
Formée aux États-Unis, chez Dudley's
Personne ne l'a envoyée là-bas sur un dossier. Une commerciale sillonnait les salons de Guadeloupe pour vendre les produits Dudley's, depuis Pointe-à-Pitre. Elle passe, elle observe, et elle repère Rose-Marie sur son travail.
Elle voyait comment je coiffais. Elle a vu que j'avais la vocation, et c'est pour ça qu'elle m'a proposé cette formation aux États-Unis.
Rose-Marie comprend l'anglais mais ne le parle pas. La commerciale l'accompagne et lui sert de traductrice pendant toute la formation : « elle traduisait, et moi j'exécutais ». Elle y retournera quatre fois entre 1995 et 2007, à la Dudley Cosmetology University de Kernersville, en Caroline du Nord, référence mondiale du cheveu texturé. Maquillage, chignons, technique, avec un certificat signé de la main de Joe L. Dudley Sr., le fondateur. C'est de là que vient l'exclusivité Dudley's en Guadeloupe.
Ses coiffures dans les catalogues Dudley's
Pendant ses formations, ses réalisations ont été photographiées pour les catalogues de la marque. Son nom est écrit à la main sur la page « Classics ».




1992 · 2026. Le même fauteuil, la même exigence.
De ses huit ans à aujourd'hui
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8 ans
La vocation
Élevée par sa grand-mère, sans une seule coiffeuse dans la famille, elle décide qu'elle en sera une. Elle ne changera plus d'avis.
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1984
Le diplôme
Rose-Marie passe son diplôme de coiffeuse. Elle avait annoncé la couleur à huit ans : désormais, c'est officiel.
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1992
Ouverture du salon
Elle ouvre à Basse-Terre sous l'enseigne Rose-Marie Coiffure, avec un bac et un fauteuil en bois fabriqués par son mari.
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1995 · 2007
Les formations Dudley's
Quatre séjours à la Dudley Cosmetology University, aux États-Unis, pour se spécialiser dans le cheveu texturé. De là vient l'exclusivité Dudley's en Guadeloupe.
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2004
Brevet de Maîtrise
Rose-Marie obtient son Brevet de Maîtrise Coiffeur à Saint-Claude, la plus haute distinction du métier.
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2005
Le salon devient Coiff'Tendances
Passage en SARL pour protéger l'entreprise, changement d'enseigne et dépôt du nom. « Je coiffe toutes les tendances ».
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2026
Une nouvelle vitrine
Le salon entre dans le numérique avec son site, la réservation en ligne et l'espace fidélité. Le fauteuil, lui, n'a pas bougé d'adresse.
Salon Haute Qualité Coiffure
Ce label distingue les salons pour leur savoir-faire, leur hygiène et la qualité de leur conseil. Une reconnaissance officielle qui vient saluer 40 ans de métier.
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